Brèves de cirque

Comme les brèves de comptoirs, le cirque a ses histoire, ses peines, ses amours, ses infos. Les « brèves de cirque » parfois amusantes, parfois tristes ou solennelles , nous font pénétrer dans le monde du cirque, attachant et mystérieux, par le petit bout de la lorgnette.
Les « brèves de cirque » suivent le fil de l’actualité sans a priori et sans parti pris, elles constituent un lien amical entre les passionnés et les professionnels.
Surtout, ne vous privez pas de partager votre récolte d’anecdotes, d’infos, d’histoires de cirque…en les envoyant sur le lien CONTACT.

HONNEUR AUX VOLANTS

Jules Léotard, gymnaste toulousain, invente le trapèze volant de bâton à bâton en 1859. Depuis la discipline de voltige aérienne au cirque à beaucoup évolué. La rattrape de bâton à porteur permet de multiples figures telles le quadruple saut périlleux, le porteur étant situé en contrebas du trapèze du voltigeur, de même, les trapèzes croisés se prêtent à de véritable ballets aériens où les corps échappent à la pesanteur donnant l’impression de voler.

Le 10 juin 1982 à Tucson (Texas), Miguel Vasquez réussit le premier quadruple saut périlleux en public et devient la référence et le modèle de nombreux voltigeurs. Plusieurs troupes ont marqué la voltige au cirque comme les Marilee Flyers ou les Flying Osler Del Cane dans les années 1970. Mais aujourd’hui ceux qui ont donné le grand frisson au 44e Festival International du Cirque de Monte-Carlo sont les Flaying Tuniziani, probablement les meilleurs du moment.

FLYING TUNIZIANI_Trapéze volant_Festival international du cirque de Monte-Carlo 2020

La troupe est composée des frères Tuniziani (Ammed, Dandino, Gamal), Justin Chodkowski, Renato Fernandez et des voltigeuses Estefania, April,Kate et Marcela.La troupe présente sa performance en double ligne enchaînant les prises de risque et la recherche de l’exploit. Les voltigeuses tournent un double saut périlleux en planche avec pirouette.  Ammed Tuniziani, vedette de la troupe avec son frère Dandino comme porteur, réalise  un triple saut périlleux carpé avec une double pirouette et demie au retour au porteur (performance appelée à tort triple pirouette mais très rarement exécutée depuis vingt ans) et le légendaire quadruple saut périlleux. Renato Fernandez un double saut périlleux et demi avec double pirouette rattrapé par les pieds (NB : dès qu’on parle de demi on parle de rattrape par les pieds).

Encore subjugué par ce ballet aérien, la chute dans le filet à la fin de ces voltiges nous fait mesurer les risques et la fragilité des hommes toujours soumis à l’attraction terrestre. L’exploit et le mérite sont d’autant plus grands.

Standing ovation

Sources: Photo et communication service presse du Festival international du cirque de Monte-Carlo et remerciements à Christian Hamel pour les précisions techniques. 

2020-01-26_bdc_MV

LES K’HO EN TOURNÉE

Le très distingué Grand Théâtre de Provence d’Aix en Provence a accueilli le cirque du Vietnam, le premier weekend de janvier. Affichant complet pour ses deux représentations, ce nouveau spectacle baptisé Teh Dar, « tourner en rond autour d’un feu » en langue K’ho (ethnie minoritaire) nous emmène vers les hauts plateaux du Vietnam.

Le cirque vietnamien avait déjà créé l’événement en France, en 2011 et 2016, avec Làng Tôi et A O Làng Phô. Tuan Le, le metteur en scène de ce nouveau  spectacle  est le seul acrobate du pays a avoir rejoint le cirque du soleil.

Teh Dar_Aix en Provence 2020_ Grégory Vignier

Teh Dar, c’est avant tout un récit nostalgique de l’homme avec la nature, de croyances, de symboles et de mystères. C’est l’histoire d’un amour impossible entre deux jeunes originaires de deux ethnies différentes.

Durant une heure, on assiste à une succession de tableaux magnifiquement chorégraphiés. Quinze acrobates et cinq musiciens transmettent avec une passion communicative l’histoire de leur peuple. Le cirque ethnique est ici parfaitement illustré, avec un mélange d’acrobaties sur d’immenses mâts en bambous, ou de jongleries millimétrées rebondissant sur des percussions vietnamiennes.

Les portés et le numéro de contorsion sont sublimés grâce aux talentueux musiciens, indissociables de la performance esthétique. Car c’est véritablement cette conjugaison d’orchestration parfaite et de scénographie poétique qui séduit et transporte le spectateur. Le collectif est indéniablement la source du succès du cirque vietnamien.

Près de la moitié des tableaux présentés sont exclusivement esthétiques ou musicaux, avec des rythmes lents où  les plus jeunes spectateurs peuvent montrer parfois quelques signes d’impatience dans les tribunes. Une singularité à prendre en compte afin de ne pas repartir un peu frustré par ce rythme inégal,  d’autant que les nombreux chants et symboles sont difficilement compréhensibles pour les non vietnamophiles.

Une invitation ouverte à découvrir ce pays aux légendes ancestrales.

Source: Spectacle du 04 janvier. Remerciement à Gregory Vignier.

2020-01-12_bdc_GV

ITINÉRANCE DES CIRQUES DE FAMILLE

La Direction Générale de de la Création Artistique (DGCA) propose aux cirques de famille une participation financière pour favoriser l’itinérance.

L’aide prend en compte le coût du montage et démontage, les frais d’approche (fioul,autoroutes…), coût de maintien courant du matériel et le salaire de la main d’œuvre nécessaire à l’itinérance du chapiteau. Le respect de la réglementation en vigueur liée  à la sécurité du chapiteau et de la présence des animaux est exigé.

Il faut résider en France, avoir l’expérience de la gestion d’un chapiteau de 500 places depuis deux ans, effectuer 50 représentations d’un ou plusieurs spectacles pour la durée d’une saison de 12 mois et attacher une attention particulière aux zones défavorisées, aux territoires ruraux et aux petites villes.

Information auprès de Lara Goussebaille, chargée de mission cirque,arts de la rue, marionnette lara.goussebaille@culture.gouv.fr ou 01 40 15 88 52

Source: Direction Générale de la Création Artistique

2020-02-10_bdc_MV

UN NOUVEAU DÉPART

Fondé en 1986 par Michel Louis et Jean-Marc Vichard, le Parc Zoologique dAmnéville est le 2ème zoo français de par l’importance de sa collection (près de 2000 animaux originaires des 5 continents) et la qualité de ses installations qui s’étendent sur plus de 18 hectares. Fort d’une fréquentation qui a dépassé les 600.000 visiteurs par an, le Zoo a pour ambition de dynamiser le rayonnement économique et touristique en Moselle et dans la Région Grand-est, en lien avec les acteurs locaux. 

Parc Animalier d’Amnéville

Le Parc Zoologique participe à la conservation d’espèces vulnérables et d’espèces en danger de disparition selon la Liste Rouge de l’IUCN (International Union for Conservation of Nature) et selon la Convention de Washgington (CITES, Règlement CE) avec plus de 200 naissances d’espèces rares au cours des trois dernières années, dont notamment 1 mandrill, 1 orang-outang de Sumatra, 4 lions dAfrique du Sud, 11 loups blancs de l’Arctique, 1 fourmilier géant, 3 rhinocéros, 1 hippopotame amphibie, 1 tapir, 8 manchots de Humboldt, 6 grues demoiselles, 1 calao terrestre, 4 pythons royaux, 10 boas arcenciel, 1 tortue géante rayonnée de Madagascar. Ces naissances témoignent du suivi et du bon traitement des animaux. 

Un accord de participation avec Prudencia capital permet d’assurer la pérennité du parc zoologique d’Amnéville. « C’est un nouveau départ pour une des plus belles collections animalières d’Europe, regroupée dans des infrastructures de grande qualité et encadrée par un personnel hautement compétent. Notre objectif est de positionner ce parc parmi les plus visités d’Europe en valorisant son rayonnement, sa réputation et sa fréquentation. Notre philosophie reste celle de ses fondateurs, la protection d’espèces magnifiques évoluant en totale harmonie dans un environnement préservé » fait valoir Dominik Zwerger, Directeur Général de Prudentia Capital.

Source: Communiqué de presse Prudencia capital-Parc zoologique d’Amnéville

2020-01-03_bdc_MV

 

PAROLE DE VETERINAIRE

Peut-on affirmer qu’un animal est plus heureux dans la nature?

Florence Ollivet-Courtois, vétérinaire spécialiste de la faune sauvage

« La nature n’est pas si respectueuse du bien-être animal qu’on ne le pense. En effet si les animaux ont une chance d’assumer leurs choix, et d’évoluer dans des environnements stimulants, ils le font rarement longtemps car les besoins physiologiques et de sécurité ne sont plus remplis : prédateurs, désertification à cause de l’élevage intensif, manque d’eau, de nourriture, destruction des territoires pour faire des routes, de cultures, braconnage, trafic, victimes de guerres et des catastrophes naturelles ( inondations, incendies…), on a là toutes les causes réunies de la disparition des espèces menacées.”

“On sait bien que le milieu naturel est une fable, pas une issue pour la plupart des animaux captifs. Les fauves des cirques n’ont jamais connu cette terre promise, ni même les 10 générations qui les précèdent. Leur système immunitaire, leur comportement, leur génétique ne savent rien de leur pays d’origine.”

“Le zoo ou le cirque, lieu de captivité, entraîne une érosion de ce qui relève de l’autonomie, de la possibilité de faire des choix et d’évoluer dans des environnements stimulants pour y adopter des comportements naturels. » Le développement est certes limité.

En revanche en captivité on prend garde d’assurer les besoins physiologiques et la sécurité bien que les relations sociales soient sensiblement altéré.” On améliore ce déficit par “l’enrichissement des milieux et le conditionnement opérant par renforcement positif.”

“Dans un monde idéal les animaux vivent leur vie dans la nature et c’est là leur place même si sa sauvagerie semble cruelle. Mais dans notre monde, même les réserves naturelles doivent  être  clôturées « pour protéger les animaux, et donc maîtriser la chaîne alimentaire en introduisant les modes de gestion de la captivité. La nature n’est plus la nature libre et intacte.”

En captivité et en cirque en particulier l’action de protection animale devrait passer par l’analyse pragmatique et non dogmatique des pratiques pour les changer si besoin et éduquer en conséquence.” 

Il faut cesser de manipuler l’opinion publique, “c’est par la connaissance que les bienfaits pour les animaux seront immédiats et durables car les animaux seront hébergés par des personnes formées, expérimentées, sensibles et le modèle économique des établissements qui les accueillent sera stable.”

« Apprendre pour mieux aimer et mieux protéger »

Source: Extraits interview de Madame Florence Ollivet-Courtois, vétérinaire spécialiste de la faune sauvage.

2020-01-04_bdc_MV