Brèves de cirque

Comme les brèves de comptoirs, le cirque a ses histoire, ses peines, ses amours, ses infos. Les « brèves de cirque » parfois amusantes, parfois tristes ou solennelles , nous font pénétrer dans le monde du cirque, attachant et mystérieux, par le petit bout de la lorgnette.
Les « brèves de cirque » suivent le fil de l’actualité sans a priori et sans parti pris, elles constituent un lien amical entre les passionnés et les professionnels.
Surtout, ne vous privez pas de partager votre récolte d’anecdotes, d’infos, d’histoires de cirque…en les envoyant sur le lien CONTACT.

ROUEN VILLE DE CIRQUE

Quelle ville autre que Rouen aurait pu accueillir cette exposition singulière sur le cirque en présentant la merveilleuse collection privée de Jeanne-Yvonne et Gérard Borg ?
Modernité du cirque_collection J.Y. et G. Borg_Cirque et Saltimbanques Rouen 2021
C’est en effet là qu’Antonio Franconi, écuyer italien, construit en 1797 le premier manège stable de France ; aux origines du cirque moderne. Ce dernier est en fait fondé par Philip Astley, qui se produit à Rouen entre 1785 et 1786. La ville n’a cessé d’accueillir saltimbanques et cirques depuis le XVIIIe siècle : une empreinte importante qui explique la fascination des habitants pour ces représentations. A l’époque, l’engouement pour le cirque est évident, exacerbé par l’exotisme inhérent à la découverte des animaux sauvages souvent exposés.
L’exposition Cirque et saltimbanques permet aujourd’hui une immersion totale dans cet univers qui a tant captivé à travers les âges. Elle se déroule en plusieurs volets prenant place dans quatre des onze musées de la Réunion des Musées Métropolitains de Rouen : le Musée des Beaux-Arts (Aux Arts et au cirque), la Fabrique des savoirs (Buffalo, un saltimbanque venu de l’Ouest), le Musée industriel de la Corderie Vallois (En habits de lumière) et le Pôle Beauvoisine (Cirque et Japon : Estampes des périodes Edo et Meiji).
Source: Lire l’article de Clémence Duhazé dans Toute La Culture

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TIREUSE D’ÉLITE AU CIRQUE

« Tall Tales & Legends », également connu sous le nom de « Shelley Duvall’s Tall Tales & Legends », est une série télévisée basée sur le folklore américain. Présentée en neuf épisodes et diffusée en 1985 en Amérique. Elle fut créée par l’actrice de télévision et de cinéma Shelley Duvall (qui en est également productrice exécutive et présentatrice aux côtés de Fred Fuchs) suite au succès de sa première série d’anthologies « Faerie Tale Theatre ».  La série, qui a été nominée pour un Primetime Emmy Award, est l’adaptation de divers contes populaires d’origine américaine

Annie Oakley

L’épisode de « Tall Tales », le plus intéressant pour les amateurs de cirque, raconte l’histoire d’Annie Oakley (1860-1926), l’une des plus grandes tireuses d’élite du Far West et fameuse star populaire du Wild West Show itinérant de Buffalo Bill.

La célèbre tireuse d’élite du XIXe siècle est née dans le Conté de Darke, dans l’Ohio. Son nom d’origine était Phoebe Anne Oakley Mozee. Dès son enfance, elle faisait «mouche à tous les coups» avec un fusil. Elle a battu, lors d’un concours, le célèbre tireur d’élite Frank E. Butler qui l’a épousée et qui devint son manager et assistant. En tant qu’attraction majeure (1885-1902) du Wild West Show de Buffalo Bill, elle a réalisé des exploits remarquables d’adresse au tir.

En 1901, elle a été partiellement paralysée dans un accident de chemin de fer mais elle a continué à ravir son public avec sa brillante dextérité pendant encore 20 ans.

« Jamais baisser les bras », on ne peut pas mieux dire pour une tireuse d’élite..

Source: jolegrinch.blogspot.com  De Jorge Freitas

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UN FOU DEVENU ROI DU CABARET

Club du Cirque au Royal Palace_Kirrwiller_2021

Les membres du Club du cirque ont eu l’honneur de faire leur Assemblée Générale 2021 au Royal Palace de Kirrwiller. Aujourd’hui, Pierre Meyer, fondateur du troisième cabaret de France, publie son histoire, intitulée « On m’a pris pour un fou ».

Nous rapportons son autobiographie écrite par Serge HARTMANN : Prendre la plume pour raconter sa vie, ce n’était pas son idée. « Je n’ai pas trop le temps », lâche-t-il, plissant sa moustache et levant les yeux au ciel. Gérer une entreprise de restauration et de spectacle de 130 salariés , répondre aux diverses sollicitations que draine le troisième cabaret de France, courir après les numéros d’artistes qui émerveilleront le public de ses prochaines saisons, sans oublier l’accueil des clients quasi-quotidien auquel il tient tant – « une marque de respect envers ceux qui nous font confiance »…

Bref, la journée de Pierre Meyer est assez remplie pour ne pas encore charger la barque. « Et puis, mon histoire, cela intéresse qui ? », interroge-t-il encore. Il y en a pourtant un qui était bien convaincu que le parcours de ce fils d’une restauratrice et d’un instituteur d’un petit village au nord de Strasbourg qui croisera la route de Pascal Obispo, Patrick Sébastien, Line Renaud, la famille princière de Monaco ou Adriana Karembeu, pouvait intéresser du monde : le patron des éditions du Signe. Dans sa jeunesse, Christian Riehl allait se dégourdir les jambes sur la piste du dancing Adam-Meyer de Kirrwiller lorsque la mère de Pierre Meyer était encore aux commandes de la petite entreprise familiale. « C’est une aventure entrepreneuriale exceptionnelle que j’ai vu grandir au fil du temps.

TRESOR_Royal Palace_2021

Elle est ancrée en Alsace mais rayonne bien au-delà. Pierre Meyer est aussi un personnage connu et apprécié dans la région. Je pense que les gens ont envie de connaître l’aventure de sa vie », s’enthousiasme-t- il.

Amusé par l’exercice, mais peut-être aussi animé par la volonté de laisser à son petit-fils une trace mémorielle de ses origines, se reprochant de ne pas avoir été un père assez présent (le livre est dédié à son fils Mathieu), Pierre Meyer s’est finalement prêté au jeu. Parce que même s’il n’est pas du genre à se hausser du col, il est suffisamment lucide pour prendre la mesure de l’exploit : faire rimer Alsace et Las Vegas, installer en pleine campagne un haut-lieu du cabaret avec des numéros d’artistes et un ballet digne du Moulin Rouge. « Je suis intransigeant avec la qualité des spectacles. On doit cela au public », dit-il, pointant ce qui a fait le succès du Royal Palace. « Parce que les gens reviennent au fil des saisons », insiste-t-il.

L’aventure du Royal Palace ne s’est pas faite en un jour. Et elle doit aussi beaucoup à la présence de Cathy, son épouse, toujours de bons conseils.
Dans cette autobiographie, au titre très explicite d’ »On m’a pris pour un fou« , Pierre Meyer n’évacue pas les nuits blanches et les angoisses liées aux risques financiers, avec au départ les parents qui se portent caution sur des investissements très lourds, entraînant « la peur de ne pas y arriver ». Et de lâcher le regard pétillant : « Avant, j’invitais mes banquiers au restaurant
pour les amadouer. Maintenant, ce sont eux qui m’invitent ! »

Alors que le dancing familial était de plus en plus fragilisé par le boom des discothèques qui draine une jeunesse avide d’un autre type de sorties, le jeune Pierre fait ses classes de cuisinier durant trois ans au Casino de Niederbronn-les-Bains. Il y découvre le monde du spectacle et des variétés, « les marchands de rêve » comme il les appelle qui se produisent alors que les convives savourent des repas gastronomiques.

Le Majestic_Royal Palace_2021

C’est la voie qu’il va explorer mais en dissociant les deux activités : « d’abord le repas, ensuite le spectacle, pour éviter le bruit des fourchettes et ces places à visibilité réduite qui empêchent certains de voir correctement les artistes ». D’où le théâtre de 982 places qui offre à chacun d’apprécier confortablement le spectacle.

Le boom des autocaristes accompagne son succès constituée d’énormes investissements réalisés de façon très pragmatique. À l’intuition, «Quand je regarde un spectacle, il faut que ça bouge, sinon je m’ennuie. C’est pareil pour les décors. Au théâtre ou à l’opéra, on les a pendant au moins 20 minutes avant qu’ils ne changent. Pour moi, c’est trop long… », dit-il.

Et voilà comment il investit 1,2 millions d’euros dans des murs géants de leds permettant de varier l’environnement des artistes. Truffé d’anecdotes et de fragments de vie, On m’a pris pour un fou dessine le portrait d’un homme qui évoluant de Las Vegas à La Havane en passant par Monaco, Kiev ou Moscou n’entretient pas moins un rapport passionnel à son Alsace natale.

Et ne cesse de se projeter dans de nouvelles aventures comme en témoigne son projet d’un site hôtelier 4 étoiles d’une centaine de chambres à Kirrwiller , nécessitant un budget de plus d’une vingtaine de millions. « Je suis en cours d’acquisition des parcelles nécessaires. C’est un investissement lourd et c’est vrai qu’ avec la crise sanitaire, je me donne encore le temps de la réflexion », glisse-t-il
dans la conversation. Il va peut-être lui falloir penser à inviter prochainement son banquier.

En attendant, il raconte avec des étoiles plein les yeux comment il est allé offrir à la jeune April Benayoum la robe qu’elle portera pour représenter la France au concours de Miss Monde qui se tiendra le 15 décembre 2021 à Porto Rico. « Une robe du Royal Palace ! », dit-il avec fierté. Quelque chose du petit Pierrele qui traînait son fond de culottes sur la piste du dancing Adam-Meyer dans le Kirrwiller des années 50 transparaît dans son regard émerveillé. La même lueur qu’il traque chaque jour dans les yeux des spectateurs du Royal Palace.

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