Question d’équilibre

« Ono no Tōfu grimpant sur des lampes et Sanbasō traversant sur la pointe des pieds… » ‒ Japon, époque d’Edo (1603-1868), 1857 ‒ Impression xylographique polychrome sur papier ‒ Utagawa Yoshiharu (1828-1888)
Coll. J.-Y. & G. Borg

Question d’équilibre

Le Cirque est, par excellence, le lieu où l’équilibre est l’objet d’une recherche
perpétuelle tant dans le déroulé du spectacle que dans sa préparation. On le
pratique en maintenant sur une partie du corps des objets divers, des partenaires humains ou des animaux. On l’exerce aussi sur des supports tels que les cannes, les chaises ou plus simplement au sol. Dans tous les cas, le risque, qui est une des composantes essentielles du spectacle, se trouve soumis au moindre souffle d’air.
C’est aussi l’équilibre qui a présidé au choix des dimensions de la piste :
son diamètre d’environ 13,50 m a été adopté en fonction de la force centrifuge
sur laquelle s’appuie le voltigeur pour stabiliser ses postures. Cette notion préside également à la conception du numéro, d’un tableau ou du spectacle tout entier. Le montage des attractions, le rythme de la représentation doivent montrer une répartition parfaite des composantes du spectacle que sont le rire, l’angoisse et l’étonnement. La prestation de l’artiste se situe sur une ligne idéale où s’harmonisent la recherche de la performance et l’originalité artistique.
Le public n’a pas toujours conscience de cette notion comparable au
nombre d’or respecté par les bâtisseurs de cathédrales. Qu’il n’oublie jamais
que ces positions stables obtenues par l’égalité de deux forces qui s’opposent,
ainsi que le définit le dictionnaire Larousse, sont la transposition du monde de la physique à celui qu’on appelle la tolérance dans les relations humaines telles qu’on les respecte au Cirque.

Christian Hamel

 

 

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