EDITO Vous parlez d’art ?

Les acteurs du cirque contemporain ont développé leur vision d’un spectacle nouveau en utilisant les vocables arts de la piste et arts du cirque. Ceux qui avaient fait vivre les formes traditionnelles du cirque auraient plus volontiers parlé de métiers d’arts : exigence dans l’exécution, respect du public et une grande honnêteté dans les principes.

À l’origine, le cirque a emprunté à deux formes artistiques reconnues : l’art équestre dans lequel Astley, Franconi et leurs suivants ont excellé et la danse qu’Astley trouva sur la foire en engageant des familles de saltimbanques pour qui la danse était la base de leur éducation. John Philip Conway Astley, son fils, réunit ces deux formes d’art à Paris lorsqu’en 1783, il dansa sur trois chevaux au galop, un menuet inspiré d’Auguste Vestris.

D’autres formes d’art ont nourri l’inspiration des créateurs de la piste : la peinture illustrée récemment au Cirque Roncalli, la littérature reprise pour thème de pantomimes de même que l’opéra et le théâtre.

Aujourd’hui, le cirque est à la croisée des chemins : l’art équestre est contesté par ceux qui ont obtenu l’arrêt d’une autre forme artistique, celle des belluaires, et une fracture se fait jour entre ceux qui voudraient réserver ces spectacles à une élite culturelle et ceux qui veulent apporter la qualité au plus grand nombre puisque le cirque est un spectacle transgénérationnel qui vise avant tout à distraire en partageant des émotions.

Et si on s’en tenait à ce qu’écrivait Antoine Blondin à propos des gens de cirque : « Ils assurent la permanence d’un talent où se sont déposées effectivement des années d’apprentissage obscur, des répétitions toujours recommencées, une honnête patience lourde de tous ses fruits » (1).

1. L’ironie du Sport, Éditions François Bourin 1988

2023-12-23_edit_CH

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