I.A.

 

Bruno Togni et ses tigres à Valence-d’Agen, témoignage évident de l’intelligence du dressage.
Photo : Bertrand Guay.

 

Elle est partout, dans les médias, mais aussi dans notre vie quotidienne. Dans ses premières formes, l’intelligence artificielle était une application très utile, comme l’assistance à la conduite et les possibilités nouvelles apportées à la recherche médicale. Mais il ne s’agissait là que d’un rôle de précieuse auxiliaire à nos activités car l’intelligence humaine gardait toujours la maîtrise de l‘analyse et des décisions. Désormais, la question se pose de la suprématie de la machine sur l’humain.

Au cirque, la possibilité de publier des vidéos falsifiées pourrait-elle faire croire à des exploits imaginaires ? Nos revues vont-elles publier des articles rédigés à l’aide de ChatGPT ? Si on n’y prend pas garde, il y a de bonnes chances, mais il ne faut pas oublier que le Cirque est un art du geste et que le non-dit y est souvent décisif. Même s’il figure sur une vidéo, un sextuple saut périlleux au trapèze volant devra se justifier dans la réalité. Par ailleurs, les expériences de recherches historiques réalisées sur les Cirques Pinder ou Bouglione ont livré jusque-là des textes fantaisistes. Quant aux images composées par notre ami Raffaele de Ritis à l’aide de l’I.A. et publiées dans le programme du Festival Mondial du Cirque de Demain en 2024, elles étaient fort bien réussies, mais à leur manière, constituent une alerte, car on n’y retrouvera jamais le trait et les couleurs des grands tableaux qui ont honoré le Cirque. Les applications qui permettent d’analyser le mouvement de l’Artiste ou les effets de lumières pour le spectacle constituent un apport appréciable, mais l’Artiste doit rester l’initiateur des émotions, des étonnements et parfois des angoisses qu’il suscite. Il faudra examiner avec attention ce qui s’imprime ou se diffuse sur les réseaux sociaux en détectant les « fakenews » qui fleurissent un peu partout avec des intentions douteuses.

Comme les autres formes artistiques, le Cirque doit se protéger des « faiseurs ». Gaëtan Roussel chantait « Et je voudrais que tu te rappelles, notre amour est éternel et pas artificiel »*. C’est ainsi que doit être préservée cette passion qui nous anime pour le Cirque !

Christian Hamel

*J’t’emmène au vent du groupe Louise Attaque, album éponyme de Louise Attaque, Delabel Éditions, 1997

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