Jazz
Le jazz est une musique appréciée et jouée avec talent par Stephan et Firmin Gruss et l’orchestre de Sylvain Roland.
Photo Olivier Brajon.
Jazz
« Quand le jazz est, Quand le jazz est là… » (1) Non, le cirque ne s’en va pas :
au contraire, il trouve un terrain de jeu commun dans les techniques d’improvisation
et la rigueur d’exécution. Après la Deuxième Guerre mondiale, quand le jazz
connaissait une popularité grandissante, on vit des orchestres comme Fred Adison
chez Pinder jouer des thèmes syncopés, au grand dam de certains amateurs
qui préféraient les marches et les galops d’autrefois. Plus récemment, Carmino
d’Angelo nous proposa de suaves arrangements jazzy à la manière de Jimmy
Lunceford, et Pierre Pichaud nous donne parfois l’impression d’être Salle Pleyel à
l’écoute d’un big band.
Selon le dictionnaire Le Robert, improviser, c’est composer sur le champ.
Le musicien de jazz s’exprime souvent par la reprise d’un thème auquel il imprime
sa personnalité. Il en va de même pour les clowns, les bons du moins.
Leurs thèmes sont des entrées du répertoire auxquelles ils vont donner leur style
propre avec des idées nouvelles. Ce souci de s’approprier un numéro par l’inattendu
se retrouve aussi dans d’autres spécialités comme les équilibres. Pendant
longtemps, cette discipline se cantonna aux postures classiques comme celles
fixées par Eugénie Petrescu, la merveille du XIXe siècle, et ses successeurs avant
qu’Oleg Izossimov ne crée son personnage du danseur immobile, qu’Anatoly Zalevsky
ne libère l’artiste du carcan de ses cannes et que, plus récemment, Viktoriia
Dziuba n’imagine des équilibres inspirés par les peintres. Ainsi, l’improvisation
avait apporté une évolution créatrice.
Mais une fois définie, cette improvisation devra être fixée à défaut d’être
écrite définitivement et sa mise en place exigera de sérieuses qualités techniques.
Par exemple, le trompettiste Lester Bowie qui déchirait les tympans avec l’Art Ensemble
of Chicago et avait pour père un trompettiste classique qui le forma à jouer
aussi bien le jazz que le gospel ou même à entrer en studio avec David Bowie
(son presque homonyme). Ses stridences paraissaient ressortir du hasard alors
que leur exécution réclamait une grande maîtrise. Il en va de même au cirque où
l’incompétence technique et la médiocrité artistique sont vite dénoncées.
Le jazz s’est imposé au monde culturel… Puisse le cirque, à sa manière, être
admis au même rang.
Christian Hamel
1. Le jazz et la java de Claude Nougaro (1962)
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