Climatique

Dans les nuées d’une galaxie kinetic, la croix de fer de Svyatoslav Rasshivkin
Photo : François de Hurtevent.
Il y a environ une quinzaine d’années, Gilbert Gruss, invité par une radio locale de Reims, donnait une indication sur la manière dont le réchauffement climatique se traduisait dans son cirque : le terrain des places où il s’installait devenait de plus en plus résistant pour y enfoncer les pinces lors du montage du chapiteau.
Les chapiteaux sont régulièrement exposés aux ouragans et aux orages. On voit dans les médias des images de cirques inondés. La prévention lors de tempêtes par les autorités publiques est parfaitement justifiée, mais elle est de nature à perturber l’ordre des tournées lorsque des arrêtés préfectoraux annulent
des représentations. Les épisodes de canicule, de plus en plus fréquents, ont modifié le calendrier des saisons avec l’abandon des périodes estivales au profit de la fin d’année, désormais surbookée et soumise, elle aussi, aux désagréments de l’hiver. Certains cirques ont résolu la difficulté en adoptant la climatisation, mais au prix d’un renchérissement des frais d’exploitation.
La mise en place de mesures destinées à interdire l’utilisation des carburants fossiles va imposer de nouvelles contraintes ; le transport, le chauffage et autres services nécessaires à la vie quotidienne du cirque et aux spectacles devront être repensés dans leur conception.
Les guerres, les crises financières et sociétales ont toujours amené les gens de cirque à surmonter l’adversité et, déjà, certaines entreprises prennent des mesures pour prévoir l’avenir.
Tournons-nous vers ce qu’a exposé Trolle Rhodin, directeur du Cirque Brazil Jack en Suède, aux colloques de l’ECA lors du dernier Festival de Monte-Carlo. Son projet intitulé « Modular energy storage system on the road » met en place un système de stockage d’électricité qui évite les inconvénients du diesel. Il fournit ainsi l’énergie pour les spectacles, le village du cirque et le transport, tout en réduisant les frais financiers et les émissions de CO2. D’autres solutions vont se faire jour et, de même que le cirque Barnum & Bailey avait servi de modèle à la logistique des déplacements des militaires, le cirque sera-t-il un exemple pour l’adaptation nécessaire aux contraintes imposées par le réchauffement de la planète ?
Christian Hamel
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