Collections
Des stands d’artistes peintres qui capturent de précieux moments : à gauche, celui d’Elena Zaïka, et à droite, celui de Michel Costiou. (Photo Jean Berger).
Ce sont d’abord quelques programmes que l’on garde pour retrouver les instants de bonheur passés autour de la piste. On lit les textes, on regarde les photos afin de mieux connaître cette étrange tribu dont le chapiteau a poussé comme un champignon sur la place. On récupère des affiches, puis la tentation nous amène à acheter des livres, des vidéos, des photos. Quand on a vraiment lié connaissance avec ces « gens qui voyagent », on reçoit des accessoires ou des costumes.
Le mal est fait, il faut un endroit pour classer et conserver tous ces trésors, une pièce où l’on pourra s’enfermer pour humer ces souvenirs comme les fumées d’un opium ludique.
Dès lors, on est dépendant de cette indéfinissable passion, rien de ce qui a un quelconque rapport avec le cirque ne peut échapper à la collectionnite.
Ce qui différenciera les collectionneurs entre eux, ce sera leur capacité à passer du simple rassemblement de pièces à la recherche de la connaissance pour hiérarchiser
la valeur des trouvailles. Comme les maquettistes, les collectionneurs jouent un rôle important dans la conservation de la mémoire du cirque qui est, par essence, éphémère parce que basée sur le geste et que, tout occupés qu’ils sont dans la poursuite de leur carrière, les gens de cirque ne peuvent thésauriser leurs objets quotidiens.
La protection des collections, souvent échangées voire partagées, est une préoccupation majeure. C’est dans cet esprit que le Club du Cirque a souhaité constituer une sorte d’inventaire afin d’éviter que soient dispersées les collections de passionnés qui disparaissent ou, plus simplement, souhaitent se dessaisir de ce qu’ils avaient rassemblé. La transmission à un organisme institutionnel pose souvent problème parce que les artefacts doivent être parfaitement conservés et que, souvent, les documents, films ou vidéos sont soumis à un droit de licence.
Dans de nombreux cas, le prêt pour une exposition ou un simple contact avec ces organismes permet d’avoir une idée sur la question et, par ailleurs, de prévoir la manière dont pourra être envisagé le don ou réalisée la succession. Le maître-mot reste, avant tout, d’éviter la perte ou la destruction.
En attendant, rouvrons nos classeurs, feuilletons ces livres rares dont nous connaissons chaque image, redécouvrons en les ouvrant, les programmes des spectacles oubliés et vivons ces instants délectables où le temps semble s’arrêter, où la « time machine » de notre cerveau nous offre un « replay » rafraîchissant !
Christian Hamel
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