EDITO Ravir

Ravir

Ravir… Un verbe que nous employons souvent pour exprimer notre satisfaction en sortant d’un spectacle de cirque. Le Petit Robert nous indique que sa signification, au XIIIe siècle, était « entraîner de force », à la manière de cette tradition gitane qui veut que le marié enlève sa future épouse.
L’appellation biblique « transporter jusqu’au ciel » nous convient davantage. Pour un passionné de cirque, ce ciel est riche de délectations : celles de voir des animaux savants qui illustrent, sans malice, la complicité qui peut s’installer avec l’homme, celle que décrit le Petit Prince lorsqu’il parle d’apprivoiser. Il y a aussi ces moments merveilleux où, le temps d’une représentation, nous sommes transportés par une délicate beauté, surprenante parfois, mais intense et persistante. Le ravissement ne doit pas avoir de limites, sa fonction consiste à donner du plaisir, un épicurisme esthétique où nos pas nous transportent autour d’une piste ronde aussi bien que sur un plateau de compagnies imaginatives.
C’est de tout cela que nous parlons ici afin de partager des ravissements cueillis de part et d’autre dans les cirques d’aujourd’hui et de demain et dans les traces qu’ils nous laissent d’un passé si difficilement cernable.
Le cirque, c’est avant tout le geste et, même capturé sur un support, il perd de cette spontanéité qui fait que chacun de ses instants est unique et que nous le ressentons différemment : ravir est un phénomène collectif dont la perception est personnelle, c’est sans doute pour cela que nous aimons le cirque et partageons ses bonheurs.
2023-10-12_edit_CH

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